Tibère

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Tibère Details

Robert Turcan, de l’Institut, ancien membre de l’École française de Rome, a consacré plusieurs ouvrages aux empereurs qui ont marqué l’histoire : Hadrien, Marc Aurèle, Héliogabale, Constantin. Avec Tibère, c’est le type même d’un prétendu tyran sanguinaire qui est concerné. Nos études classiques (Tacite et Suétone) nous ont appris à le détester. « Le plus beau portrait historique dans Tacite est celui de Tibère », écrit Chateaubriand. « Il n’y a guère d’apparence que le fils de Livie ressemblât au Tibère de Tacite, c’est pourtant ainsi que nous le voyons tous », avertit toutefois Rousseau.À relire les textes d’un œil plus critique, on fait la connaissance d’un homme qui, dès l’enfance, a dû affronter les périls d’une vie éprouvante, avant de faire face à mainte obligation inexorable, comme chef militaire aussi bien que gendre et successeur d’Auguste. On constate alors un décalage entre les témoins directs de son temps et les « historiens » qui l’ont jugé trois quarts de siècle après sa mort. Th. Mommsen l’a considéré comme « le plus capable des empereurs romains » et le compte, en tout cas, au nombre des « meilleurs ».Avec Auguste, le pouvoir impérial relevait du mystère. Tibère l’a exercé sans ambiguïté et, pour ainsi dire, fondé pour une longue et prestigieuse postérité.

Reviews

Robert Turcan avec sa biographie de Tibère nous livre un de ces ouvrages rares dont la qualité littéraire n??a d??égale que l??érudition parfaitement maîtrisée et qui font de ce thème de la Rome Antique un ultime refuge contre la médiocrité, alors même qu??en 2017 nous enregistrons les premiers « résultats » de la profanation de l??enseignement de l??histoire en collège, voulue par François Hollande, avec des manuels ou la dynastie des Carolingiens est désormais traitée en 5 lignes. J??étais persuadé qu??il s??agissait d??une boutade, mais mon frère ma certifié que non et m??a montré l??ouvrage de mon neveu de 12 ans et j??ai pu constater de facto le vide absolu de l??enseignement prodigué même dans les meilleurs établissements. A côté de cela nous avons désormais l??histoire de peuplades totalement étrangères, illettrées et surtout analphabètes qui sont situées en dehors de notre ère civilisationnelles. Je persiste à croire qu??en 2017 les références culturelles qui sont les notre sont gréco-romaines, avec forcément des racines chrétiennes importées de Rome dans les Etats barbares qui lui succédèrent en Europe et que cet élément ne souffre point de contestation depuis les travaux éponymes de Bruno Dumézil : tout le reste est basse politique, apologie de l??ignorance et volonté délibérée, d??une décadence bobo-mondialiste, de nous priver de notre identité historique?Et cela ne va pas aller en s??améliorant.Toujours est-il qu??à l??instar des travaux considérables de Pierre Grimal et du recteur François Hinard, nous sommes avec le professeur Turcan, membre de l??institut, dans le domaine du travail de référence en matière d??histoire romaine (il faut noter que Yann le Bohec maintient lui aussi dans le domaine de l??histoire militaire de Rome un très haut niveau qui fait honneur à la recherche historique française). Le professeur Turcan s??attaque à un personnage particulièrement intéressant qui est l??empereur Tibère, qui comme l??écrivit brillamment Catherine Salles fut le « second César » dans un excellent ouvrage hélas en rupture de stock depuis longtemps (il convient aussi de mentionner le travail fort intéressant d??Emmanuel Lyasse avec une biographie de Tibère qui mérite vraiment d??être lue). Cette problématique, consistant à démystifier un personnage illustre, est un travail d??ampleur compte tenu du fait que deux sources historiographiques majeures, Suétone dans sa fameuse Vie des douze César (je ne saurais trop vous conseiller la nouvelle traduction revue à la marge dans la collection Minor des Belles Lettres parue en 2016 qui donne enfin une édition digne d??un auteur Antique) et bien sûr Tacite dans les Annales (là aussi il existe une édition qui a m??a préférence, car elle est de qualité et permet une lecture correcte du texte : il s??agit de la publication des ?uvres complètes de Tacite, avec des traductions revues par Me Salles concernant la vie d??Agrippa, la Germanie et le dialogue des Orateurs dans la collection Bouquin) : si l??on s??en tient aux auteurs précités Tibère fut seulement un hypocrite, qui complota peut être contre son neveu Germanicus, et qui de toute façon devint le jouet du préfet du Prétoire Séjan appliquant sans discernement la loi sur le crime de lèse-majesté (lex maiestatis) et finissant dans un exil sordide à Capri dans la villa Iouis afin de s??adonner à la débauche et surtout à la pédophilie selon Suétone?Tout cela n??est pas très engageant à première vue et la tâche risque d??être rude.En fait, le professeur Turcan montre que Tibère fut un empereur capable et soucieux de la bonne gestion de l??Empire, notamment sur le plan financier avec un budget largement excédentaire (qui sera dilapidé en quelques semaines par Caligula?), il fut particulièrement attentif à bien pourvoir l??approvisionnement alimentaire de Rome (avec ce qui est connu comme la préfecture de l??annone) et tenta d??associer sans arrière-pensée le sénat à son travail de Princeps : les sénateurs terrifiés depuis le règne d??Auguste étaient terrifiés et refusèrent la proposition de Tibère, ce qui accru sensiblement son antipathie à l??encontre de cet ordre sénatorial « qui se complaisait dans la servitude ». Pourtant, Tibère laissa une marge de man?uvre considérable au sénat et n??hésita pas à aider des sénateurs impécunieux pour leur permettre de conserver leur rang : contrairement aux affirmations trop rapides de Suétone et de Tacite, Robert Turcan démontre que l??empereur Tibère fit pour lui-même, au début de son principat un usage modéré de la loi de lèse-majesté, acceptant de cautionner une plainte contre un citoyen ayant diffamé la mémoire du divin Auguste mais refusa de prendre en compte des ragots le concernant ainsi que sa mère Livie (qu??il avait consulté). En revanche, après la conjuration de Séjan il perdra le sens des réalités et l??utilisera pour procéder à une véritable purge, qui elle est bien réelle et a sans nul doute été l??élément majeur permettant de broder sa légende noire.Il convient de se souvenir que Tibère devient empereur de Rome à 50 ans passé presque par accident, après avoir été en exil à Rhodes pour laisser se dérouler le plus favorablement le processus de succession impérial : Auguste avait prévu un dispositif dynastique extrêmement complexe qui permettait sans nul doute de parer au coup du sort (ce dispositif est étudié dans un ouvrage remarquable de Yann Rivière « Germanicus un prince Romain » dont j??ai écrit une recension sur ce site) et finalement Tibère adopté par Auguste ne devient princeps qu??en dernier recours, ce qui pour un homme brillant qui fréquenta le cercle littéraire et culturel de Mécène et possédait une formidable culture grecque qui était l??apanage des Romains de haute ligné pouvait sembler un peu amère. Par ailleurs, Tibère s??était illustré avec un courage sans faille et des succès remarquables en Germanie (qui sera toujours le point faible de l??empire romain au nord, avec aussi un sérieux problème connexe sur le Danube même après les victoires de Trajan) et disposait de tous les sacrements pouvant faire de lui un empereur légitime dans un système qui refusant l??apparat monarchique ne comportait de règles de dévolution héréditaire de succession : cet élément conduira à l??anéantissement de la dynastie des julio-claudiens et sera aussi catastrophique pour les Flaviens, laissant toujours une porte ouverte à la guerre civile avec une carte à jouer pour les aventuriers militaires et les usurpateurs à demi fou? D??une très belle formule, le professeur Le Bohec a dans sa géopolitique de l??Empire Romain conclu que cette institution était « une monarchie absolue tempérée par l??assassinat ».En fait, d??une manière factuelle, Tibère avait très peu de raison d??être un empereur « joyeux » et la pudeur associée à un caractère taciturne firent de lui un hypocrite aux yeux de Suétone et de Tacite.Pour ce qui est de la loi de lèse-majesté dont Tibère sera l??instigateur ou pour le moins l??homme qui l??aurait remis en vigueur, Robert Turcan a contrôlé le fait que cette loi n??avait jamais cessé d??être en vigueur depuis la dictature exercée par Lucius Cornelius Sulla Felix dit Sylla?Dans la pratique, Tibère héritait d??Auguste un Empire gigantesque mais totalement sous dimensionné sur le plan militaire : les effectifs de 200 000 hommes étaient assez largement insuffisant pour gérer l??ensemble du monde connu. En la matière la défaite des trois légions de Varus face aux Chérusques d??Arminius lors du massacre dit du Teutoburg avait considérablement ébranlé les certitudes d??Auguste qui dans son testament estimait que l??expansion de l??empire n??était plus possible. Sous le principat de Tibère des actions militaires furent conduites brillamment par son fils Drusus et par son neveu Germanicus : toutefois cet aspect militaire de l??action de Germanicus a fait l??objet d??une thèse de la part de Pierre Laederich qui conclut que l??action de Germanicus était des guerres de dévastations qui ne permirent pas de faire progresser la présence romaine en Germanie et que les pertes des légions devaient approcher les 10 % lorsque Tibère décida sous couvert de l??octroi du triomphe de rappeler son neveu à Rome. Par la suite Germanicus sera chargé d??une importante mission en Orient ou il aura le malheur de croiser la route d??une fripouille du nom de Pison : la mort présumée accidentelle de Germanicus deviendra un empoisonnement, avec une épouse Agrippine particulièrement remontée contre le princeps. Celui-ci accepta bien évidemment de faire juger Pison par le Sénat, il fut condamné et se suicida pour échapper à son exécution (le suicide permettait aussi juridiquement d??empêcher la confiscation des biens du coupable par le domaine impérial). Tibère refusera d??étendre la condamnation à l??épouse de Pison, ce qui fit d??Agrippine un ennemi acharné de Tibère.Par ailleurs, Tibère se montra toujours soucieux de superviser lui-même, même en exil à Capri les dossiers importants relatifs à la sécurité de l??Empire, notamment les relations avec les Royaumes clients d??Orient qui constituaient des sortes d??états tampons permettant de contenir l??empire Parthe que Rome n??avait pas réussi à vaincre (on se souvient de la détestable défaite de Marcus Licinius Crassus contre les Parthes, avec son suicide et la profanation de son cadavre dont la tête fut coupée et agrémentée d??une coulée d??or en fusion dans la gorge?). Il fit également preuve d??un grand souci concernant les gouverneurs de provinces qui faisaient dans la concussion et l??enrichissement personnel et les poursuivaient impitoyablement en justice. Un point à rappeler, il est souvent question de délateurs dans l??ouvrage, qui portent une accusation contre une tierce personne : cela correspond à l??absence de ministère public à Rome et il fallait donc trouver le témoin à charge (généralement très intéressé financièrement puisqu??il touchait un pourcentage de la valeur des biens confisqués aux termes de la procédure) ; il s??agissait toutefois d??un métier à haut risque car nombreux furent les « délateurs » à succomber sous la pointe d??une lame ou dans les tourments d??un poison.Tibère n??aimait pas les sénateurs à cause de leur lâcheté, mais il ne fit rien non plus pour se concilier la plèbe de Rome il n??organisa pas des festivités ni des jeux dispendieux, ce qui a l??évidence lui coûta fort cher au regard de la postérité. En revanche, il aidait financièrement toutes les villes de l??empire qui se trouvait en proie à une catastrophe naturelle.Dans le domaine religieux, en sa qualité de grand pontife chef de la religion romaine Tibère intervint peu mais toujours conformément aux usages de la tradition ancestrale de Rome. Concernant les cultes étrangers, il procéda sans méchanceté ou mépris à des opérations de police correspondant à la sûreté intérieur de l??Empire et mis fin à des pratiques peu recommandables qui étaient conduites sous couvert de cultes étrangers (Robert Turcan relate une édifiante affaire de viol commise par un faux dieu).Une fois de plus la problématique de l??historien est celle des sources ; on sait bien que tout travail de recherche, y compris des travaux accomplis sur des fonds d??archives nécessitent une critique pointue des données avec une expérience qui ne s??acquière qu??au fil du temps. Ayant conduit de nombreux travaux de reconstitution historique à partir d??archives, je peux certifier qu??il existe d??origine des documents faux ou des éléments trop beau pour être vrai (on parle de pot de miel). Les sources utilisées par le professeur Turcan sont essentiellement Suétone et Tacite : chez ces deux auteurs il existe une césure chronologique et factuelle qui montre qu??après un principat heureux, la personnalité de l??empereur évolua vers une dérive scabreuse et sanguinaire dans son exil de Capri (exil relatif car en vérité le complexe de 7000 m² qui composait la villa Iouis possédait un phare dont la fonction était aussi l??envoi de signaux optiques vers le continent et Tibère se tenait informé des affaires de l??empire en observant des signaux identiques émis à partir du continent).Le seul témoin du règne de Tibère qui ait écrit une histoire est un de ses anciens officiers, Velleius Paterculus (dont le travail est restitué par une traduction fort savante en deux tomes aux éditions des Belles Lettres) : ce travail est porteur d??une vision positive de l??empereur Tibère et même si l??on prend en compte de l??aspect apologétique de ce travail, il n??en demeure pas moins vrai selon Robert Turcan que le contraste est anormalement fort avec le contenu des Annales de Tacite. Turcan estime que la lecture du texte de Tacite montre que ce dernier dépend souvent de sources antérieures, et brode un peu, voire parfois beaucoup en introduisant régulièrement des rumeurs ou des affirmations insidieusement sournoises. La légende noire de l??insulaire féroce et débauché est une création qui apparait dans l??historiographie romaine à partir de Suétone et de Tacite. La consultation des ?uvres de Philon d??Alexandrie, de Valère Maxime (guère fiable) et de Sénèque dont le père avait rédigé des histoires ne fait pas état de ces terribles problèmes de débauche mais rappelle en revanche au jeune empereur Néron les ravages causés par l??application de la loi de lèse-majesté (largement imputable à Séjan qui briguait la pourpre, puis à Tibère lui-même qui décida de se débarrasser de tous les affidés de Séjan). Flavius Josèphe qui est une source historique de valeur ne dit rien des vices qui aurait affecté le « nésiarque » de Capri tout en indiquant qu??il sévit rudement contre les nobles de Rome. De même chez l??historien grec Plutarque auteur fameux des « Vies parallèles des hommes illustres » avait écrit une vie de Tibère perdue depuis lors, mais en principe son approche de moraliste semble exclure un choix portée sur un mauvais empereur, son traité sur l??Exil va plutôt dans le sens d??un bon prince accablé par le fardeau de l??Etat et soucieux du bien-être de ses sujets y compris durant les 7 années passées à Capri. Les Annales et les Vies déconsidèrent de manière impitoyable les années passées à Capri et ce phénomène avait déjà été étudié par Jérôme Carcopino qui avait conclu « des souillures dont l??avais voulu noircir des pamphlétaires qui peut être n??écrivirent qu??au début du IIème siècle », le problème est que la légende noire brodée par Suétone et Tacite est ensuite reprise in extenso par tous les auteurs antiques.Robert Turcan estime que 70 ans après la mort de Tibère Suétone et Tacite ont façonné leur vision arbitraire de l??histoire et cette vision s??est imposée aux siècles ultérieurs et il n??est guère plus possible de la remettre en cause qu??en y opposant le silence des auteurs contemporains du règne de Tibère.Cette réflexion passionnante renvoi au métier d??historien dans la Rome antique et d??une manière plus général au métier d??historien en général qui possède un fabuleux pouvoir d??influence sur la postérité des évènements dont il assure la transcription pas forcément neutre ou désintéressée.Jacques Gascou a réalisé un formidable travail de recherche sur « Suétone historien » qui fit l??objet d??une thèse et d??une publication à la diffusion plutôt confidentielle sous les auspices de l??Ecole française de Rome et d??Athène que l??on peut compléter par l??ouvrage de Turcan « L??archéologie dans l??antiquité, Tourisme lucre et découverte », Les Belles Lettres 2014. Il en ressort que Suétone est un chercheur qui a le souci archéologique des données concrètes et qui allait à l??occasion allait consulter les archives impériales (il est révoqué de sa fonction de secrétaire par l??empereur Hadrien en même temps que le préfet du Prétoire pour des privautés à l??encontre de son épouse sans que l??on en sache plus et c??est à cette date que l??on perd la trace de Suétonius Tranquillus dit Suétone), mais son information paraît hétérogène et il a le goût des données orales (on parle de manière moderne d??histoire orale qui est une source tout à fait valable sous réserve d??être capable d??introduire des boucles de contrôle) et il prend en compte les rumeurs. Selon Robert Turcan Tacite bien que plus prestigieux serait surestimé et aurait moins que Suétone le goût du document, mais comme lui il intègre dans son ?uvre des bruits et des rumeurs et surtout il dispose de chercheurs à son service, cette information est donnée dans sa correspondance par Pline le jeune qui fut un de ses amis intimes et qui indique l??existence d??un cercle de disciples ou de jeunes érudits travaillant pour son compte : Turcan estime qu??une recherche ponctuelle conduite par une équipe de « nègres » avait peu le souci de l??aspect contextuel d??où certains contresens présents dans son ?uvre. Bien sûr Tacite appartenant à l??ordre sénatorial eut l??occasion de consulter les actes du Sénat, mais il a aussi compulsé les mémoires d??Agrippine la Jeune et les mémoires de Tibère, sans parler de plusieurs historiens utilisés de manière disparate et même de rumeurs, mais surtout comme l??auteur des Annales se pose en investigateurs des motivations des princes, des mobiles secrets et inavouable, comme le note Robert Turcan la voie s??ouvre royalement aux hypothèses et présomptions?.Jusqu??à la fin Tibère eut de la malchance pour déjouer la conjuration de Séjan il utilisa le préfet des vigiles, Macron pour destituer l??assassin qui voulait être empereur. Ce fut un succès malheureusement, en la personne de Macron Tibère avait trouvé un second Séjan, désormais préfet du Prétoire, Macron complota contre Tibère pour faire accéder Caligula à la pourpre : Dion Cassius indique que Caligula aurait couvert de couverture le vieillard jusqu??à l??étouffer en profitant « dans une certaine mesure » de la complicité de Macron. Suétone indique que Caligula l??aurait étouffé d??un oreiller et aurait finalement terminé son forfait en l??étranglant. Robert Turcan opte pour une option plus simple, Tibère âgé de 78 ans et bien malade mourut finalement de mort naturelle. Caligula fut en mesure de faire invalider le testament de Tibère qui désignait comme successeur Tiberius Gemellus et en faisait le cohéritier avec Caligula : tout le pouvoir fut octroyé à Caligula par le Sénat avec l??aide de Macron (qui complotera contre le nouvel empereur et sera à son tour mis à mort). Tibère n??accéda pas à l??apothéose (qu??il n??appréciait pas d??ailleurs et qu??il avait refusé à Livie après son décès) et ne devint donc pas l??un des « divins César ». Pourtant il est incontestable qu??il fut l??un des grands empereurs romains, Théodore Monnsen le tenait en haute estime, il sut affronter le risque des guerres germaniques et pannoniennes et fit du principat d??Auguste une entreprise durable, ce qui était loin d??être évident.L??ouvrage de Robert Turcan est un excellent ouvrage, un de ceux qui font réellement oublier la médiocrité du monde actuel et je vous en conseille vivement la lecture, qui est d??un accès aisé.